La rénovation énergétique en copropriété concerne 9,7 millions de logements en France, soit près d'un tiers du parc résidentiel. En 2026, le cadre réglementaire impose aux syndicats un rythme accéléré : DPE collectif obligatoire, Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) voté en AG, interdictions progressives de location des passoires thermiques. Ce guide détaille les obligations et les leviers en 2026.
Le cadre réglementaire 2026 en copropriété
DPE collectif : obligatoire depuis 2026
La loi Climat & Résilience impose la réalisation d'un Diagnostic de Performance Énergétique collectif pour toutes les copropriétés équipées d'un chauffage ou de l'eau chaude collectifs. Le calendrier est entré en vigueur par taille :
| Nombre de lots | DPE collectif obligatoire depuis |
|---|---|
| Plus de 200 lots | 1er janvier 2024 |
| 50 à 200 lots | 1er janvier 2025 |
| Moins de 50 lots | 1er janvier 2026 |
Le DPE collectif est valable 10 ans. Il classe l'immeuble en lettre de A à G et devient le socle de la stratégie de rénovation.
PPT : le Plan Pluriannuel de Travaux
Depuis 2023, toute copropriété de plus de 15 ans doit établir un Plan Pluriannuel de Travaux sur 10 ans. Son contenu 2026 :
- Bilan de l'état technique de l'immeuble (structure, équipements, énergie)
- Identification des travaux nécessaires (sécurité, salubrité, performance énergétique)
- Chiffrage détaillé avec hiérarchisation pluriannuelle
- Scénarios de financement (fonds travaux, prêts, aides)
Le PPT est voté en AG à la majorité de l'article 24 (majorité des copropriétaires présents ou représentés). Il constitue une obligation de résultat : à défaut de PPT voté, le syndic engage sa responsabilité.
Fonds travaux obligatoire
Depuis la loi ALUR, toute copropriété de plus de 10 ans provisionne chaque année au minimum 5% du budget prévisionnel dans un fonds travaux dédié. En 2026, ce taux monte à 2,5% du coût estimé par le PPT dans certaines copropriétés énergivores.
L'interdiction progressive des passoires thermiques
Calendrier applicable aux copropriétés
Même en copropriété, les lots individuels classés F ou G sont soumis aux interdictions progressives à la location :
| Classe DPE | Interdiction location |
|---|---|
| G | Depuis 1er janvier 2025 |
| F | 1er janvier 2028 |
| E | 1er janvier 2034 |
Un lot individuel F ou G peut rester habité par son propriétaire, mais ne peut plus être mis en location s'il n'est pas rénové. La pression sur les syndics pour planifier les rénovations globales est donc considérable.
Sanctions pour les bailleurs
Un locataire peut saisir le juge pour contraindre le propriétaire à réaliser les travaux, voire obtenir une réduction de loyer si le logement reste non-décent énergétiquement. La jurisprudence 2025 a déjà confirmé ce pouvoir du juge.
Les grandes catégories de travaux en copropriété
1. Isolation de l'enveloppe
- ITE sur façades : poste le plus efficace et visible. Coût 100 à 200 €/m²
- Isolation toiture-terrasse : 110 à 180 €/m² en rénovation étanchéité incluse
- Isolation plancher bas sur caves ou passages ouverts : 35 à 55 €/m²
- Remplacement des fenêtres collectives (cages d'escalier, halls) : 600 à 1 200 €/unité
2. Chauffage et ECS collectifs
- Pompe à chaleur air-eau collective en remplacement d'une chaudière gaz
- Raccordement à un réseau de chaleur urbain (souvent EnR)
- Chaudière biomasse collective (pellets, plaquettes forestières)
- Solaire thermique collectif pour l'eau chaude sanitaire
3. Ventilation
- VMC double flux collective ou hybride avec récupération d'énergie
- Reprise des VMC simple flux existantes par équipement basse consommation
4. Travaux induits obligatoires
- Reprise des balcons après ITE (étanchéité, garde-corps)
- Mise à la norme électrique dans les combles isolés
- Désenfumage modifié si VMC double flux
Le vote en Assemblée Générale
Majorités applicables en 2026
| Décision | Majorité requise |
|---|---|
| Vote du PPT | Article 24 (majorité des votants) |
| Travaux d'économies d'énergie imposés par la loi | Article 24 |
| ITE volontaire avec modification d'aspect | Article 25 (majorité absolue) |
| Raccordement à réseau de chaleur | Article 25 |
| Rénovation globale avec emprunt collectif | Article 26 (majorité qualifiée 2/3) |
L'écueil de la passerelle article 25-1
Si la majorité absolue de l'article 25 n'est pas atteinte mais qu'un tiers au moins des copropriétaires a voté pour, un second vote immédiat à l'article 24 permet de débloquer la décision. Un mécanisme clé pour éviter les blocages.
Le rôle du syndic
Le syndic doit inscrire à l'ordre du jour :
- Le vote du PPT (si plus de 15 ans)
- Le vote sur la provision annuelle au fonds travaux
- Les travaux prioritaires identifiés par le DPE collectif
Un syndic qui omet ces points engage sa responsabilité.
Les aides disponibles en 2026
MaPrimeRénov' Copropriétés
Aide collective versée directement au syndicat, destinée aux travaux de rénovation globale permettant un gain de 35% de consommation énergétique.
| Gain énergétique | Taux de subvention | Plafond par logement |
|---|---|---|
| 35% | 30% du HT | 15 000 €/logement |
| 50% | 45% du HT | 25 000 €/logement |
Bonus pour sortie de passoire thermique (F ou G) : + 5 000 €/logement.
Le plafond des travaux finançables est de 25 000 € HT par logement. Une copropriété de 40 lots peut donc théoriquement toucher 1 000 000 € d'aide MaPrimeRénov' Copropriétés.
Prime CEE Copropriétés
Entre 500 et 3 500 €/logement selon la zone climatique et le niveau de travaux. Cumulable avec MaPrimeRénov' Copro.
Éco-PTZ Copropriétés
Jusqu'à 50 000 €/logement remboursables sur 20 ans. Le syndicat souscrit le prêt collectivement, remboursé via les charges.
Aides locales
Île-de-France, Hauts-de-France, Occitanie, Bretagne et plusieurs métropoles (Paris, Lyon, Toulouse) ajoutent des aides complémentaires, souvent + 10 à 20% du coût des travaux.
Exemple chiffré : immeuble parisien de 28 lots, classé F
Travaux votés en AG : ITE complète + remplacement chaudière gaz par PAC collective :
| Poste | Montant TTC |
|---|---|
| ITE sur 1 100 m² façade (laine de roche + enduit) | 165 000 € |
| PAC air-eau collective 80 kW | 95 000 € |
| Audit énergétique + AMO | 18 000 € |
| Travaux induits (reprises balcons, menuiseries cage) | 42 000 € |
| Total TTC | 320 000 € |
| MaPrimeRénov' Copropriétés (45% pour gain 50%) | -144 000 € |
| Bonus sortie passoire (28 × 5 000 €) | -140 000 € |
| Prime CEE copropriétés | -52 000 € |
| Subvention Ville de Paris (Éco-Rénovons) | -32 000 € |
| Reste à charge collectif | -48 000 € (aides supérieures au coût) |
Dans ce cas, les aides couvrent plus que le coût total. Le surplus peut alimenter le fonds travaux ou financer des travaux induits complémentaires. Ce scénario « reste à charge négatif » est de plus en plus fréquent en 2026 pour les immeubles classés F ou G.
L'accompagnement obligatoire
Mon Accompagnateur Rénov' Copropriétés
Depuis 2024, toute copropriété sollicitant MaPrimeRénov' Copropriétés doit être accompagnée par un tiers de confiance agréé. Ce rôle comprend :
- Audit énergétique initial
- Scénarios de travaux chiffrés
- Assistance au vote en AG
- Consultation des entreprises et vérification des devis
- Suivi du chantier et contrôle des performances
Ener7 intervient comme AMO (Assistance à Maîtrise d'Ouvrage) Copropriétés dans de nombreux départements. Voir notre service Accompagnement Complet.
Le Parcours Accompagné particulier
Les lots individuels peuvent également bénéficier du Parcours Accompagné MaPrimeRénov', cumulable avec l'aide collective, pour financer des travaux intérieurs (cuisine PMR, remplacement radiateurs, VMC individuelle).
Les pièges fréquents
Sous-estimer les travaux induits
Une ITE sans reprise des balcons, des volets et des descentes pluviales finit 20 à 30% au-dessus du budget. L'audit doit intégrer tous les travaux connexes.
Le vote à l'arraché
Faire voter en AG une rénovation lourde sans étude approfondie entraîne des contestations et parfois des recours. Préparez 3 AG préalables : présentation du diagnostic, présentation des scénarios chiffrés, vote final.
Choisir la moins-disante
Une entreprise proposant 25% en-dessous des concurrents cache souvent des matériaux de qualité inférieure ou une sous-traitance non maîtrisée. Voir notre guide Choisir un artisan RGE.
Oublier le DPE après travaux
Le DPE post-travaux est obligatoire pour valider les aides. Prévoyez son coût (200 à 400 €) dans le budget initial.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une rénovation globale en copropriété ?
Entre l'audit initial et la livraison, comptez 18 à 30 mois : 6 mois de diagnostic et scénarios, 3 mois de vote en AG, 3 à 6 mois de consultations, 6 à 12 mois de chantier.
Peut-on contraindre un copropriétaire récalcitrant ?
Non, directement. Mais si un vote à l'article 24 ou 25 est acquis, la décision s'impose à tous. Les copropriétaires dissidents doivent payer leur quote-part. En cas de refus de paiement, le syndic saisit le juge.
L'ITE réduit-elle la surface habitable ?
Non, l'ITE ajoute 12 à 20 cm d'épaisseur côté extérieur : la surface habitable reste identique. En revanche, les menuiseries peuvent nécessiter un repositionnement.
Que se passe-t-il si la copropriété ne vote pas son PPT ?
Le syndic engage sa responsabilité civile. Les copropriétaires peuvent saisir le juge pour contraindre à la tenue d'une AG, et le défaut de PPT peut bloquer l'accès aux aides publiques.
Peut-on sortir de passoire thermique avec des travaux partiels ?
Parfois, oui. Un immeuble classé G peut souvent remonter à E avec une seule ITE + remplacement du chauffage. Pour atteindre D ou C, la rénovation globale (4 postes coordonnés) devient indispensable.
Votre copropriété doit voter son PPT, son DPE collectif ou son plan de rénovation énergétique ? Ener7 intervient comme AMO Copropriétés : audit, scénarios chiffrés, présentation en AG, consultation entreprises, suivi de chantier. Contactez notre pôle copropriétés pour une première étude gratuite.


